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« Capitoliennes, Capitoliens ! Nous voici à deux jours des Jeux ! Ces notes vous ont-elles conforté dans vos idées ? Vous ont-elles étonné ? Quoiqu’il en soit, rien n’est joué ! Et nous ne sommes jamais à l’abri d’une surprise qui bousculerait ce palmarès, une fois les Jeux commencés ! C’est ce qui fait tout le charme des Hunger Games ! Tout peut se jouer à la dernière minute ! Aussi, Capitoliennes, Capitoliens, mais aussi tous les habitants de Panem, n’attendez pas, faites vos jeux ! »
J’ai le score le plus mauvais. Même les plus nuls – les tributs du Onze ou du Douze en particulier – réussissent à atteindre les quatre ou cinq. Même les nouveaux ont eu mieux. Celui du Sept, avec ses lunettes rondes et son air calculateur, et qui se prénomme Rémi, a eu six. La gamine de treize ans du district Dix a eu trois.
Moi j’ai eu deux. Mon dieu, je ne pensais pas me sentir à ce point humiliée par ça, alors que je croyais en être complètement détachée.
Tous les autres ont hésité à se tourner vers moi, même Alice. La gêne qui s’est installée dans la salle est tellement difficile à surmonter que je décide de tous les quitter pour me réfugier dans ma chambre.
« C’est pas pour toi que je vais voter, c’est sûr ! »
Merci, mon gentil garde personnel, qui vient s’affaler sur sa chaise, un sourire condescendant sur les lèvres, d’être là pour me rappeler que non, avoir une note pareille n’est pas tout à fait anodin. Même pour quelqu’un comme moi qui ne pense pas passer la première journée. Après tout, peut-être que des âmes charitables m’enverront du cyanure dès le premier soir, pour que je puisse abréger mes souffrances ?
Je me déshabille, m’enfonce au fond de mes draps, ferme très fort les yeux, cherche à oublier tout ceci. Mais comme les dernières nuits, le sommeil n’arrive pas à m’emporter. J’attends pendant de longues minutes, et l’espace d’un instant, je me surprends à espérer que quelqu’un viendra me réconforter.
Mais je crois que je suis trop haïssable pour qu’on puisse même me prendre en pitié. Je n’ai que ce que je mérite. J’ai crié à la Terre entière que je voulais crever, il est normal qu’on finisse par me laisser tomber, après tout. N’est-ce pas ce que je voulais ? Qu’on me laisse tranquille ? Au moins, avec cette note, aucun sponsor ne s’intéressera plus à moi. Même leur pitié, je ne l’aurais pas, car ils m’auront tous oublié, comme si j’étais déjà morte avant le début des Jeux.
Je ne sais pas pourquoi ce truc si anodin – cette foutue note – me fait si mal. Peut-être que durant ces entraînements, peut-être qu’après les mots de June – « tu te débrouilles bien en esquive ! », – peut-être qu’après tout ceci, un petit rien au fond de moi s’est mis à espérer.
Je me frappe la tête contre l’oreiller. Petite sotte ! Tu n’as pas à espérer ! Il n’y a aucun espoir ! Comment as-tu pu penser le contraire ? Je vais être exécutée pour avoir commis le péché d’être née sur cette Terre, à cette époque, avec ce corps stupide qui ne me sert à rien.
« Il n’y a pas qu’à toi que ça fait mal, tu sais. »
Je me redresse en sursaut. Jonathan est là, assis sur le bord du lit, me tendant un mouchoir que je prends du bout des doigts, incrédule.
Jonathan détourne le regard, gêné. Je me rends compte qu’une bretelle de mon débardeur distendu a glissé et dévoile une partie de ma poitrine. J’ai trop la tête ailleurs pour avoir envie de la remonter.
En effectuant un bref tour d’horizon de toute la pièce, je remarque que nous sommes seuls. Il a dû demander à mon garde de nous laisser.
« Azurée… Comment fais-tu pour manquer de chance à ce point ? »
Je renifle bruyamment.
« Ce n’est pas une histoire de chance, je suis nulle, c’est tout.
— C’est faux. Tout du moins, je ne le crois pas. Mais tu t’es tellement employée à abandonner ton sort aux mains de tous ces gens qui te veulent du mal, que la malchance en profite pour te porter le coup de grâce. Tu aurais pu réussir ce parcours d’obstacles sans chuter, ou même avoir une meilleure note avec ce que tu as montré. Mais les Juges se sont montrés intransigeants envers toi. Sûrement parce que tu as pleuré et que tu t’es évanouie quand on t’a désignée. Sûrement parce que tu as cherché à t’échapper du système. Sûrement parce qu’ils ont compris qu’en abandonnant si tôt, tu te montais contre eux, tu te rebellais, à ta manière. »
Je jette un coup d’œil anxieux aux coins de la salle, à la recherche de caméras. Mais le regard de Jonathan semble vouloir dire « Je m’en fiche ». Je baisse les yeux et me remets à pleurer. Pourquoi tout le monde est-il aussi fort ? Pourquoi suis-je si faible ? Qu’est-ce qui a raté, dans mon éducation, pour que je n’aie à ce point aucune arme contre ce monde dur, impitoyable, hargneux ?
« Combien de personnes tu as tué, toi ? »
Ces mots sont soudainement sortis de ma bouche sans que je les aie vraiment désirés. Jonathan garde un instant les yeux posés sur moi avant de les baisser, troublé.
« Trois. La fille folle dont on a déjà parlé. Un vers le milieu des Jeux, dont j’avais planifié la mort depuis deux jours car il devenait trop dangereux. C’était un meurtrier de quatre autre tributs. Le dernier, c’était le finaliste. Je l’ai vaincu au bout d’un combat acharné. Sans armes. Juste nos coups qu’on se prenait l’un l’autre, jusqu’à ce que l’un de nous n’en puisse plus. Et sous une pluie battante, l’air à la limite du respirable tellement l’humidité nous enveloppait.
« J’aurais pu dire “seulement trois” car pour un Carrière comme moi, ce score n’est pas très flatteur. Mais c’est déjà bien assez comme ça. Bien trop. Tu ne peux pas savoir combien de fois par jour je me surprends à regretter d’avoir fait tout ça.
— Mais tu ne peux pas revenir en arrière…
— Non. »
S’il savait. S’ils savaient tous que parmi les vingt-quatre tributs de cette année, le tribut qui a obtenu la moins bonne note est aussi sans doute le seul à être déjà un meurtrier !
Quelle ironie du sort…
« Tu sais, reprend-il à ma grande surprise alors que je croyais que la conversation allait s’arrêter sur ces mots, il s’est déjà produit des cas où le vainqueur n’avait tué strictement personne. À la trente-sixième édition, si mes souvenirs sont bons, le tribut du district Six a laissé les autres s’entretuer, et a attendu que la nature se charge du dernier finaliste. Lui s’était beaucoup entraîné pour survivre à n’importe quelle situation, et les éléments ont eu beau se déchaîner contre lui, il a su braver toutes les difficultés. Et crois-moi, il avait, aux yeux de tant de gens, bien plus de mérite que les autres. »
Il se tait un instant, puis se redresse soudainement, me regarde intensément dans les yeux, décide de glisser ses doigts derrière mon oreille pour me rabattre une mèche rebelle. Pourquoi tout le monde a-t-il cette manie en me voyant ?
« Tu peux le faire, tu sais. Tu peux survivre, te battre, non pas contre les autres tributs, mais contre le sort, contre la nature déchaînée ! Tu peux survivre à ce jeu, sans tuer qui que ce soit, sans prendre part à ce système morbide qui ne souhaite qu’une seule chose. Nous tuer tous… »
Jonathan pointe son doigt sur mon cœur, sans ressentir la moindre gêne de me toucher ainsi la poitrine.
« … ici. »
Nous restons là, à nous regarder dans les yeux, son doigt planté dans ma chair, comme si plus rien n’avait d’importance.
Une part de moi me hait plus encore, à présent. Elle me fait dire à quel point je n’avais pas confiance en l’homme, à quelle point je ne croyais qu’en une seule personne : moi. Et encore…
J’ai mal. Si mal de ne croire en rien. Ça me fatigue. J’aurais tant aimé avoir de la force d’esprit, de la foi en l’homme ou en telle ou telle valeur. Me battre pour des idéaux. En fait, même avant les Jeux, je ne croyais en rien. Et c’est peut-être pour cela que j’ai repoussé Ethan, ce jour-là.
Jonathan me caresse à présent la joue de sa paume chaude et douce. Je m’y appuie et sanglote faiblement.
Il se penche, se fige à un doigt de mon visage, me contemple un instant, avant de s’avancer encore plus pour m’embrasser.
Un léger baiser furtif sur mes lèvres humides, avant de s’éloigner à nouveau d’à peine deux centimètres, et de continuer à me contempler, si près.
Après un temps infini, Jonathan se redresse finalement, jette un coup d’œil dans son dos pour voir si nous sommes toujours seuls. Aucun bruit là-bas, dans le salon. Les autres se sont sûrement séparés et ont rejoint leur chambre respective.
Jonathan se concentre à nouveau sur moi, baisse un instant les yeux, visiblement épris d’une profonde gêne, avant de relever la tête, les yeux embués.
« Azurée… Tu n’aurais pas envie… Ce soir… Peut-être un de tes derniers soirs… Pas envie de… connaître ça… au moins une fois dans ta vie ? »
Le voir bredouiller ainsi lance mon cœur si fortement contre ma cage thoracique que le sang afflue sur mes pommettes et les rend brûlantes.
Sa main s’est posée sur ma hanche, à la fois douce et à la limite de la fermeté, comme si elle était prête à me tirer vers lui. De son autre main, il me peigne délicatement les cheveux. Mes mèches blondes s’infiltrent et s’entortillent entre ses doigts, et il tire délicatement dessus, faisant glisser ses doigts jusqu’à libérer mes cheveux, avant de recommencer.
Je le sens brûlant, infiniment brûlant. Je lis dans ses yeux qu’il n’a jamais vraiment connu l’amour. Qu’il me désire follement. Qu’il souhaiterait que je connaisse ça, moi aussi, à l’aube de ma mort.
J’aurais été prête à le faire.
J’en aurais eu vraiment envie.
Mes tempes me brûlent, et je sens un gouffre, au fond de mon ventre, qui est prêt à m’engloutir toute entière s’il ne vient pas à moi tout de suite.
Mais je baisse les yeux et repousse tout doucement sa main afin de l’éloigner de ma hanche. « Je suis désolée », finis-je par dire.
Il baisse lui aussi les yeux, renifle un coup. « Je ne veux pas que tu meures… J’ai… j’ai tellement envie de te protéger, de te savoir vivante et libre ! »
Je suis désolée. « Même toi, tu n’y crois pas, pas vrai ? Comment veux-tu me redonner espoir, quand tu m’invites si ardemment à un tel ultime moment de plaisir ? Non, Jonathan, tu ne crois pas en ma survie. Et pourtant, tu as failli réussir. Peut-être que tu aurais dû en rester là… Ne pas aller plus loin… Tu aurais pu en rester à ces mots : “tu peux le faire, tu peux survivre”. Mais maintenant je sais. Que la vie n’est pas pour moi. »
Alors je sanglote, et il me prend dans ses bras, comme un ami et non un amant. Et je pleure contre son épaule, jusqu’à ce que la fatigue me prenne.
Enfin.
 
« Azurée. Bonjour. »
Caesar Flickerman a pris un air grave en m’invitant à m’assoir face à lui. Rien à voir avec la verve avec laquelle il a interviewé les autres tributs des quatre premiers districts.
La salle est plutôt silencieuse. Quelques murmures, quelques hurlements parsemés de gens m’intimant de quitter la salle au plus tôt. Très peu d’encouragements. Et pourtant, il y a bien une dizaine de milliers de personnes face à moi, dans le Grand Cirque où un plateau a été construit expressément pour ces entretiens, en bas du centre d’Entraînement.
Tout Panem, que ce soit les habitants des districts rivés à leurs écrans ou les Capitoliens venus s’amasser ici, est prêt à regarder cette émission dans laquelle le fidèle présentateur des Jeux, Caesar Flickerman, s’entretient avec chacun des tributs qui vont partir au carnage demain matin.
C’est la dernière étape avant les Jeux, cette interview qui permet d’attirer une dernière fois les sponsors. Nous passons tous dans l’ordre, district après district, fille puis garçon. Mon prédécesseur, le garçon du district Quatre, qui était déguisé en poisson lors de la cérémonie d’ouverture, a bien plaisanté avec Caesar, sûr de lui, décontracté. Il a parlé de ses trois sœurs, toutes des chipies, et a dit qu’il était bien mieux ici, loin d’elles. Qu’il ait menti ou pas, qu’il soit attaché à elles ou libre comme l’air, il n’en reste pas moins un homme très dangereux, entraîné depuis son plus jeune âge – cela se voit à la taille de ses muscles – et habitué à mépriser la valeur d’une vie humaine pour ne pas avoir peur de tuer.
C’est à mon tour, à présent. La population de Panem a sans doute hâte de savoir pourquoi j’ai essayé de me suicider, pourquoi j’ai eu deux à mon entraînement, pourquoi j’ai l’air étonnamment si calme, ce soir.
« Bonjour, Caesar. »
Toute la journée, Alice a cherché à me coacher pour cet entretien. Elle m’a forcée me tenir droite en me posant une vasque de fruits sur la tête et en me tirant les épaules vers l’arrière. Elle a travaillé mon élocution, me tapant sur la main chaque fois que je sortais un mot déplacé. Je n’ai jamais été très fine dans le choix de mes mots, et, petite, j’ai souvent été qualifiée de garçon manqué. Je me souviens d’un jour, alors que j’avais sept ans, une bonne bouille de gamine et les cheveux plus ondulés qu’aujourd’hui et coupés plus courts, où je m’étais fait renvoyer de l’école pour avoir frappé et insulté de dizaines de gros mots un garçon qui m’avait traitée de petite peste. J’étais une fille assez turbulente à l’époque, vite piquée au vif, mais mes parents n’en avaient pas moins été choqués, croyant que je savais me tenir en société.
« Azurée, je ne te cacherai pas que nous sommes tous inquiets pour toi ici. Tout le monde sait à présent ce que tu as cherché à faire, le premier soir, mais je vais te dire que cela ne m’intéresse pas. C’est quelque chose de personnel, que tu dois garder pour toi. J’admets que chacun de nous peut perdre ses moyens à une étape difficile de sa vie. C’est tout à fait humain. J’aimerais par contre revenir à l’entraînement. Pourquoi, deux ? »
On entend des spectateurs huer ou siffler ce score honteux. Je baisse un instant les yeux sur mes mains, avant de redresser la tête, un léger sourire aux lèvres.
« J’ai manqué de chance, tout simplement. Je m’étais bien entraînée au parcours d’obstacles, que je connaissais sur le bout des doigts. Mais j’ai glissé à un moment, et je me suis blessée, ce qui m’a empêché de continuer. Les Juges n’ont donc pratiquement rien vu de ce que je pouvais faire.
— D’accord Azurée. Mais alors… Qu’est-ce que tu sais faire, qui pourrait te sauver la vie dans les Jeux ? »
Je le regarde, amusée. Caesar est un homme assez jeune, dont le visage peinturluré de couleurs chatoyantes lui donne un air tantôt comique, tantôt étrangement puissant.
« Mais rien, Caesar. Absolument rien. »
Exclamations de la foule.
Cet après-midi, Alice, appuyée par June, m’a forcée à promettre de ne pas dire n’importe quoi. Je leur ai répondu que tout se passerait bien, que je saurais quoi répondre au célèbre présentateur. Elles semblaient intriguées par ma soudaine quiétude et mon détachement. Elles étaient réellement inquiètes pour moi, et ont préparé un tas de choses que je pourrais dire pour ma défense. Je leur en suis très reconnaissante, mais je n’ai pu leur promettre de tout réutiliser.
Au final, je ne suis pas sûre de dire la moindre chose que l’on a préparée, aujourd’hui.
« Azurée, finit par reprendre Caesar, une main dressée face à la foule pour lui intimer de se calmer. Comprends qu’il nous est difficile de percevoir tes motivations. Comment comptes-tu t’y prendre pour sortir vivante des Jeux ? Ta stratégie serait-elle à ce point si secrète ?
— Elle l’est, en effet.
— Toi qui a eu du mal à encaisser ton sort, tu sembles soudainement bien sereine ! Je suis fier de toi, Azurée ! Ce que tu nous caches, on espère tous que ce sera du grand spectacle ! Comprends-tu : tu ne peux que nous éblouir, dans les Jeux ! Partir si bas… quelle marche tu vas devoir gravir ! Cet effort nous semblera à tous particulièrement honorable ! Mais dis-moi, qu’est-ce qui te fait tenir en vie, aujourd’hui ? As-tu hâte de retrouver tes parents ? Allons Azurée… nous cacherais-tu autre chose ?
— J’ai une bonne amie, en effet, que j’aimerais bien revoir, car nous avons plein de choses à nous dire. Plein de choses que j’aimerais comprendre.
— Holà ! Sentirait-on une pointe de rancœur ? Je crois comprendre ! Seriez-vous toutes les deux intéressées par le même garçon ? Tu peux tout nous dire, Azurée ! Jolie comme tu l’es, tu dois sûrement avoir un amoureux, non ? »
Je baisse la tête pour que personne ne voie la soudaine noirceur qui s’est emparée de mon regard. Je me mets à triturer mes jolis doigts manucurés que mon équipe de préparation s’est employée à embellir avec tant d’entrain.
Elles sont venues en début d’après-midi, Julia, Emma et Luna, pour me coiffer et tenter d’effacer les bleus et petites estafilades que je me suis faite durant l’entraînement. Mes cheveux ont été rassemblés en une sorte de chignon haut d’où s’échappent de multiples mèches rebelles, fins accroche-cœurs dressés pour capter de leur pâle couleur tous les rayons lumineux des spots braqués sur moi. Thorn Endfire, arrivé en retard, essoufflé, leur a ensuite confié une pleine poignée de petites diodes solitaires, fonctionnant je ne sais comment, qu’elles ont glissé dans mes cheveux. C’est comme si j’avais un nid de lucioles au fond de mon chignon, prêtes à s’envoler et tournoyer autour de moi. Mon styliste m’a ensuite vêtue d’une toute nouvelle tenue spécialement conçue pour l’occasion, la dernière avant de porter l’accoutrement réglementaire, demain, pour les Jeux. C’est une étroite robe noire moulante, si proche du point de vue de la coupe de celle que je portais pour la Moisson que j’ai cru un instant que c’était la même. Mais sur celle-ci sont disposées d’autres petites diodes, si bien qu’elle ressemble à la voûte étoilée. Le tissu, proche du velours, présente d’ailleurs des reflets bleutés, comme la teinte d’une jolie nuit d’été.
Je me suis regardée dans la glace, prête à peine deux minutes avant de partir pour l’interview. Je n’ai pu le nier, je me suis trouvée vraiment belle. Ma chevelure blonde contraste fortement avec la noirceur de la robe, et les multiples minuscules éclats de lumière bleutée me rendent scintillante et me donne l’impression d’être une sorte de déesse de la nuit, comme les imaginait les anciennes civilisations de notre monde, tombées dans l’oubli.
« C’est vrai, vous me trouvez jolie ? je finis par lancer à Caesar, un air un peu coquin dessiné sur mon visage angélique.
— Azurée, tu es très attirante, habillée ainsi, répond d’un air coquin, un sourcil levé, Caesar. Mais je ne suis pas le première homme à le penser, si ? »
Il se tourne vers la foule qui se met à s’exclamer gaillardement. Les spectateurs sont plus enjoués, à présent. Je vois ce qui plaît le mieux, en moi.
« J’avais bien quelqu’un que j’appréciais, je finis par avouer, les yeux rêveurs.
— Et tu as sûrement envie de le revoir, non ? »
Le regard de Caesar, sincère, enjoué, naïf, au final, me fait sourire tendrement.
« Oh oui. J’ai vraiment envie de le revoir. Et ne vous inquiétez plus, Caesar. Je vais tout faire pour le retrouver au plus vite ! »

©Vorador, 2014. Ne pas copier sans l'autorisation de l'auteur
Posté le 03 avril 2013 à 22:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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