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« Oh vous avez vu ça mesdames et messieurs ! C’est phénoménal ! Voilà qu’en un instant, les Jeux sont privés de deux de leurs meilleurs éléments, les plus cotés du moment ! Slaine Turdwood et Stieg Engelsson viennent d’être anéantis par nul autre qu’Azurée Lockheed, du district Cinq, qu’on croyait sur le point de rendre l’âme ! La petite blonde a ainsi supprimé un terrible adversaire en s’emparant de son arme destructrice, mais aussi son compagnon de district ! A-t-elle seulement hésité avant de tirer ? Comment va réagir son district ?
— Regardez les cotes, Caesar.
— Tout à fait, Joric. La cote d’Azurée vient de grimper en flèche ! Toutes les personnes qui avaient voté pour Stieg ou Slaine doivent fulminer ! Quel retournement de situation ! Joric, est-ce que cela peut signifier qu’Azurée va désormais avoir plein de sponsors et des cadeaux à foison ?
— Non Caesar, pas forcément. La fille du district Cinq est désormais très fortement cotée, mais pas autant que ce qu’ont perdu tous les parieurs de Stieg et de Slaine. S’ils demeurent frileux, et s’ils ne veulent pas voter pour l’assassin de leur favori, la cote de la fille redescendra brutalement.
— Oui, mais elle a l’Arme, désormais !
— C’est exact. C’est la première année que nous proposons une arme destructrice cachée parmi toutes les armes de l’arène. Nous n’avons pas encore idée de son impact dans les Jeux. C’est aussi pour cela que le détenteur de cette arme n’a pas forcément une cote très haute : comme nous l’avons vu à l’instant, le détenteur reste tout à fait vulnérable !
— Joric, nous avons un appel d’un parieur de ce regretté Slaine. Un homme qui aurait perdu plusieurs millions en une toute petite seconde… Écoutons-le.
— Satanée de p… de foutue de p… de b… de blondasse ! Je vais t’….
— Merci, mon cher ami, nous avons parfaitement saisi l’ampleur de votre désarroi ! Nous avons tant d’autres appels ! Dont plusieurs viennent du district Cinq, mesdames et messieurs ! Des cris de haine, des lamentations. Mais pourquoi, pourquoi Azurée a-t-elle éliminé son compagnon de district ? »
C’était l’été. Lindsey et moi, nous rêvassions en haut sur la colline, allongées dans les hautes herbes à contempler les lointains nuages épars. Le soleil étant encore fort pour ce doux début de soirée, j’avais la tête couverte par un léger fichu, fait d’un tissu que j’appréciais beaucoup, avec des jolies fleurs stylisées d’un bleu profond sur un fond d’un rose pâle, un peu délavé suite aux nombreuses fois où je l’avais porté ces dernières années.
« Az’, dit-elle alors que je m’assoupissais, tu comptes te diriger vers quelle filière après le collège ? Le solaire comme tes parents ? »
Je continuais à regarder les nuages sans rien dire, cherchant une réponse qui vaille le coup, jusqu’à ce que Lin’ tourne finalement la tête vers moi.
« Je ne sais pas, répondis-je enfin. Je ne sais vraiment pas ce que je veux faire plus tard. Je n’ai pas encore quinze ans, donc j’ai encore deux ans pour y réfléchir.
— Il y a un autre secteur qui te tente ?
— Non.
— Aucun autre ?
— Aucun. »
Lindsey soupira. Tout était toujours clair dans sa tête. Elle reprendrait de toute façon la place de son père, ingénieur dans l’énergie nucléaire. Elle dirigerait son service d’une main de fer et donnerait des ordres à tous les ouvriers qui passeraient chaque jour devant son bureau, l’air morne et fatigué, se demandant sans doute pourquoi certaines personnes sont faites pour diriger et d’autres pour des tâches manuelles répétitives sans espoir d’évolution.
« Le laboratoire de recherche de tes parents est une bonne chose, dit-elle alors. Tu devrais y réfléchir sérieusement. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des parents chercheurs ! »
Je me mis à tripoter la babiole qui pendait à mon coup au bout d’une chaînette aux fins chaînons. Il représentait un petit animal marin disparu depuis des années. Je le connaissais par cœur, appréciant faire courir mes doigts le long de ses nageoires, de son museau souriant ou de sa queue recourbée.
J’avais beaucoup de chance, c’est vrai. Mais la chance ne donne pas forcément des ailes. Et il y a bien une chose qui me manquait : de l’envie.
Un claquement sourd se fit entendre en contrebas. Je me redressai sur les coudes. C’était les lourdes portes de la vieille centrale thermique qui avaient été ouvertes. Il devait être six heures et demie ; les ouvriers sortaient en rangs dispersés, las, la tête pendante. C’était pour eux la fin d’une dure journée de labeur. Ils repartaient retrouver leur famille, leur femme et leurs enfants, leurs parents pour certains, vu leur très jeune âge. Ils rentreraient chez eux, s’affaleraient sur une chaise en attendant le repas du soir, puis se coucheraient tout de suite après pour se réveiller le lendemain et vivre une nouvelle journée de travail éreintante. Et ce, six jours par semaine.
Je me demandai comment on pouvait faire pour « vivre » cela. Ne faire que travailler et rapporter juste assez pour se nourrir et vivre le lendemain. Pas d’espoir, pas de futur. Tous les jours identiques, à part, bien sûr, ceux des Hunger Games, qui leur permettaient, à défaut de les égayer, de vivre une expérience différente pendant quelques jours de l’année. Et puis c’était reparti. Et ainsi de suite. Jusqu’à se réveiller vieux et s’apercevoir qu’on a attendu toute sa vie quelque chose dont on ne connaît même pas la nature. Je pensai qu’en fait, c’était tout simplement « la vie ».
Morts avant même d’être nés.
Certains ouvriers montaient la colline pour rejoindre leur maison de l’autre côté. Le chemin serpentait entre les hautes herbes et passait non loin de notre position. Lin’ regardait ces hommes exténués avec une certaine tristesse mêlée d’un peu de dédain. Moi, j’étais en colère, mais je n’arrivais pas à trouver les mots pour l’exprimer.
« Tiens, deux gosses de riches qui se pavanent en belle tenue devant des ouvriers qui ne gagnent même pas assez pour se nourrir. »
Un des ouvriers, un jeune homme d’une vingtaine d’années, s’était arrêté près de nous. Il était d’un sale ! La vieille centrale thermique était une installation vétuste et antique. Elle avait pour but d’épauler les centrales nucléaires, solaires et éoliennes, plus modernes mais fournissant de l’énergie de manière plus sporadiquement. Personne ne voulait y travailler. Déjà que dans les centrales nucléaires, ce n’était pas une partie de plaisir, mais la centrale thermique… On y enfournait chaque jour dans des grands fours des tonnes et des tonnes de charbon fourni par le district Douze, et on le brûlait jusqu’à ce que les murs de l’usine et leurs hommes en soient devenus tout noirs. C’est pour cette raison que la centrale avait été installée de l’autre côté de la colline : la vallée de la ville en contrebas n’était jamais inquiétée par les fumées noires sorties des hautes cheminées de briques.
« Alors, les filles, on cherche la saleté ? »
Je le regardais, rouge d’une colère qui sourdait en moi, je ne savais trop pourquoi.
« Ne m’approche pas avec tes gros doigts crasseux ! »
Le jeune homme souriait ; ses lourdes paupières mi closes par la fatigue et le soleil orangé de ce début de soirée lui donnaient un air blasé.
« Hey les copains ! Venez voir, on a deux petites poulettes égarées. »
D’autres ouvriers se joignirent à lui. Nous nous étions relevées ; Lindsey restait un pas derrière moi.
« Viens, me fit-elle. Partons. Il est tard de toute façon. »
Moi j’avais les poings fermés et les muscles tendus, et je le regardais droit dans les yeux.
« Ce n’est pas de ma faute si tu as échoué dans cette tourbière, lui crachais-je. Tu n’avais qu’à mieux étudier en cours ! »
Le visage du garçon s’assombrit soudainement ; il s’élança vers moi et me prit par le col, me soulevant presque littéralement du sol.
« Lâche-là ! cria Lindsey, hystérique.
— Espèce de petite pimbêche ! Si tu crois que c’est tes résultats à l’école qui te permettent de te pavaner avec tes jolis habits affriolants et tes petits bijoux de gamine ! C’est le fric de tes parents que tu exhibes là ! Je serai curieux de savoir si tu peux faire ne serait-ce que le dixième de ce qu’ils font chaque jour pour entretenir ta misérable petite vie insignifiante ! »
Il me relâcha mais sa colère était toujours aussi forte, à même d’éteindre la mienne d’un simple souffle. J’avais l’impression de mener le mauvais combat, mais mon esprit s’était entêté dans cette direction.
« Si tu décroches un beau boulot plus tard, reprit-il, un boulot qui te permettra de rester assise les fesses sur une chaise à longueur de journée, sache que ce ne sera pas grâce à ton intelligence ou à ta gentillesse, mais uniquement grâce au poste de tes parents ! Sache-le, petite peste ! Dans notre monde, c’est ta classe sociale qui guide ton avenir, pas tes bonnes notes à l’école ! »
Un sourire se dessina sur mon visage.
« Aurais-tu honte de ce que t’a légué tes parents ? lui rétorquai-je, affublée d’un air sardonique et provocateur. Ce n’est pas de ma faute s’ils étaient de misérables ouvriers et si tu en es un à présent ! »
Le jeune homme me poussa en arrière et je m’écroulai dans l’herbe. Ses copains et lui se rassemblèrent autour de moi.
« Écartez-vous, hurlait Lindsey. Écartez-vous où j’appelle les Pacificateurs !
— Ils ne viennent jamais par ici, rigola l’un des ouvriers. Ta copine mérite une bonne leçon ! »
Je fus rouée de quelques coups de bottes aux coques métalliques, pas très violents mais suffisants pour me donner des bleus. Puis le jeune ouvrier s’empara de mon fichu que j’aimais tant et le déchira en mille petites pièces qu’il jeta sur moi. Il tira enfin sur mon petit collier et l’envoya dans les airs, loin, loin dans la plaine, se perdant dans les hautes herbes.
Je ne pleurai pas. Je ne savais pas pourquoi ma colère s’agrippait à ce point à moi, mais ma hargne m’empêchait de lâcher le morceau.
« Ça se voit, que nous ne sommes pas de la même classe sociale, crachai-je avec un peu de sang qui s’échappait de ma lèvre tuméfiée. Nous n’avons pas les mêmes manières. »
Les ouvriers s’éloignaient déjà. Le premier se retourna quand même, me regarda longtemps avant de parler, alors que je me relevais et m’époussetais.
« Tu sais, fit-il enfin, ton air buté et tes mots durs sont bien plus agressifs que mes gestes. Ils attisent la haine et provoquent les gens. Tu n’as que ce que tu mérites. Je ne serai pas étonné qu’aucun homme ne veuille jamais de toi. Tu es quelqu’un de profondément méprisable. »
À ces mots, il s’éloigna.
Je ne retrouvai jamais mon petit collier. Lin’ avait posé un bras sur mes épaules, comme pour me soutenir. Contrite, elle me jetait de brefs coups d’œil pour voir si je tenais le coup. Mais dans ses yeux, je voyais bien ce qu’elle ressentait. De l’incompréhension.
Une fois rentrée, je m’enfermai dans ma chambre pour m’arranger un peu. Ma lèvre était boursouflée, et j’avais des bleus sur le ventre, les cuisses et les fesses. Je me regardai dans la glace et je compris soudain : dans cette scène typique de fin de journée, ce n’était pas la centrale, la saleté ou la condition de ces hommes que j’avais haïes. C’était moi gâchant ce paysage.

Je ne mérite pas de vivre. Oh mon dieu, j’ai tué deux personnes. J’ai tué Stieg. Je n’ai pas cherché à l’aider, juste à sauver ma peau. J’ai tiré dans le tas, sans me soucier de sa sécurité. J’ai seulement désiré que cela s’arrête. Leur combat, la peur de voir l’autre gagner, de le voir tuer Stieg.
Mais c’est moi qui l’ai tué.
Cela fait des heures que je sanglote, avachie contre la falaise. Le soir arrivant, j’ai atteint un gros affleurement rocheux sur lequel j’ai grimpé jusqu’à dépasser la cime des arbres et me retrouver sur une hauteur suffisante pour embrasser du regard toute cette végétation équatoriale, jusqu’à la limite du désert, au loin. Je me suis alors installée sur un petit promontoire surplombant le paysage, à découvert mais sans doute trop haute pour être vue par un autre tribut.
Les caméras doivent se délecter de mon malheur, de cette horreur que j’ai perpétrée. Je vois déjà les gros titres des journaux : « Azurée, la frêle jeune fille qui a voulu se suicider, a déjà tué deux personnes ! » ou encore « Azurée du district Cinq élimine son propre coéquipier. Fureurs et incompréhension au sein du district. »
« Je ne l’ai pas fait exprès », je murmure, entre deux éclats de larmes.
Comment mes voisins me jugent-ils ? Comment vont mes parents ? Sont-ils inquiétés par la foule en colère ? Tellement de gens croyaient en Stieg. Sa famille misait sur lui, espérait mieux vivre grâce à tout l’argent qu’il ramènerait en cas de victoire. Mais non, c’est la petite richarde d’Azurée qui l’a tuée. Personne d’autre !
Son visage reste ancré au fond de mes rétines. « Sache que j’aurais de l’eau et de la nourriture pour toi ». C’est ce qu’il m’a dit avant les Jeux. Je n’ai fait que m’imaginer sa réaction quand il m’aurait su morte, mais au final, c’est moi qui lui survis.
Soudainement, je me trouve affreusement seule. Me voilà livrée à ce Jeu, sans plus personne pour me soutenir. Qui encore pourrait le faire ? Qui voudrait le faire ? Rémi ? Je n’oserai jamais revenir pleurnicher à ses pieds pour qu’il m’intègre dans son groupe.
Déjà que je n’avais aucune chance de recevoir le moindre parachute – je n’ai rien reçu pendant que j’agonisais sous mon rocher, à tenter de survivre à ce trou dans mon ventre ! – voilà la question définitivement résolue : je n’aurai aucun parachute. Point.
Il me reste cependant les trois sacs à dos de Stieg, et celui du garçon du district Deux. Pas mal de nourriture et d’eau, d’ustensiles divers. Et d’armes. Un long couteau, une sorte de petite faucille, trois shuriken, et par-dessus tout, ce mystérieux pistolet en céramique hérité de ce garçon dément. Comment a-t-il fait pour se le procurer ? L’a-t-il trouvé dans un des sacs à dos ? Y a-t-il d’autres armes aussi dévastatrices que celle-ci ?
Après mûre réflexion, je me dis que c’est cette arme que j’ai déjà entendu à plusieurs reprises, lorsque j’évoluais dans la forêt. Elle est bruyante mais diablement puissante.
Mais à quoi suis-je en train de penser ? Oh mon dieu, je suis perdue.
Perdue, perdue, perdue.
« Maman, papa, dis-je devant ma fidèle caméra imaginaire. Je suis perdue. » Je rabats quelques unes de mes mèches fortement ondulées à cause du sang séché qui les recouvre, m’essuie les yeux, et pointe à nouveau mon regard à un point précis, comme si j’étais interviewée. « Je suis perdue, pardonnez-moi. Pardonnez-moi, district Cinq. Je n’ai pas voulu cela. Je… j’ai paniqué. Je ne mérite aucune compassion. »
Je me recroqueville ensuite contre la paroi, face au vide et à la nuit qui tombe, et cherche à m’endormir. La voûte d’un bleu sombre m’enveloppe. Je pense à tous les autres tributs qui doivent se demander où trouver de l’eau, de la nourriture, un coin chaud pour passer la nuit. Pour ma part, la nourriture m’est tombée toute cuite dans le bec. L’eau n’a au début pas été une mince affaire, mais j’ai fini par en trouver avant d’être toute desséchée. Quant au coin chaud, je m’en moque éperdument. Si je ne me réveille pas demain, tant pis. Fermant fortement mes yeux englués par les larmes, je sombre rapidement dans un sommeil agité et envahi de cauchemars.
Je rêve que je me retrouve sur la colline en haut de la centrale à charbon. La douce brise ploie les hautes herbes et soulève mes mèches rebelles. J’ai un instrument de musique en céramique dans les mains, en forme de gros coquillage avec un bec et des trous pour les doigts. Un ocarina. Je souffle dedans ; une jolie mélodie se disperse sur les grandes étendues herbeuses. Puis soudainement, je prends l’instrument d’une main et me mets à tirer dans tous les sens. Le rayon de la mort qui sort de l’arme fauche des dizaines de gens, mes parents, Lin’, Ethan, Stieg, ou encore Jonathan. J’ai l’impression de crier leur nom, de les hurler jusqu’à ce que je n’arrive plus à me souvenir à qui ils appartiennent.
Au petit matin, ce n’est pas mes douleurs qui me réveillent, le jour, ou un tribut venu me trucider. C’est mon odeur. C’est incroyable à quel point je pue. Je ne me suis pas lavée une seule fois depuis le début des Jeux, et ce n’est pas ma brève escapade dans la rivière hier qui a pu améliorer la situation.
Je me redresse, essaye de m’étirer mais gémis de douleur en sentant ma blessure tirer sous ma chemise déchirée. Je m’inspecte un instant : mes mains sales et terreuses, mes habits marron de sang séché et gris de poussière, mes chaussures couvertes d’une plaque de boue qui se détache morceau par morceau. On est bien loin du luxe du Capitole. Je dirai même que le contraste entre ces deux vies est tel qu’il en devient presque malsain et amusant.
Mais je n’ai pas vraiment envie de rire. Stieg est mort, tout le monde me déteste, j’ai mal partout, et par-dessus tout, je suis encore vivante. Si ma lâcheté m’empêche de courir au devant de la mort, au moins puis-je espérer la rencontrer aujourd’hui, au détour de mon errance dans cette arène où je n’arrive même pas à me repérer.
Je grignote quelques gâteaux devant le lever du soleil. Cette vue me rappelle celle que j’aimais contempler du haut de ma petite tourelle météo, près de chez moi. Dans une autre vie.
Un éclat dans le coin supérieur droit de mon champ de vision me fait cligner subrepticement des yeux. J’essaye de voir l’origine de cette lumière fugace dans le ciel en plaçant une main face au soleil.
Il y a une boule de métal qui descend lentement du ciel. Au bout d’un parachute.
Mais pour qui diable est ce parachute ? Suis-je si près d’un autre tribut ?
Je range avec précipitation toutes mes affaires dans les sacs, les rabats sur une épaule, m’empare du pistolet et m’apprête à descendre de mon promontoire, quand je découvre que le parachute a atterri à mes pieds.
Ce cadeau m’est destiné. À moi.
Je laisse tomber toutes mes affaires et m’empresse, les larmes aux yeux, de libérer la petite sphère métallique de la taille d’un poing. Je rêve d’un médicament miracle pour ma blessure, d’une crème solaire, pourquoi pas d’une paire de lunettes de soleil.
La porte de la petite sphère résiste, mes doigts nerveux et tremblants frénétiquement à cause de mon manque cruel de repos n’arrivent pas à défaire la petite attache. Prise soudainement de fureur, je frappe la sphère contre la roche à plusieurs reprises, jusqu’à ce que l’ouverture cède.
Un unique petit bout de papier tombe du réceptacle vide, que je secoue comme une demeurée pour voir si ce n’est vraiment pas une blague. Puis je m’emploie à déplier le bout de papier. Sur celui-ci, il y a marqué : « Ethan est vivant et ne t’en veut pas. Il prie pour que tu rentres saine et sauve. »

©Vorador, 2014. Ne pas copier sans l'autorisation de l'auteur
Posté le 03 avril 2013 à 22:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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